Beaucoup de personnes sortent d'une audience en ayant compris qu'elles n'iraient pas en prison, sans avoir retenu le reste. C'est pourtant le reste qui compte : un sursis probatoire est une peine d'emprisonnement prononcée, dont l'exécution est suspendue pendant un délai d'épreuve, à la condition de respecter des obligations précises.
Ce que le jugement a fixé
Trois choses se lisent dans la décision, et il faut les retrouver avant tout : le quantum de la peine mise en sursis, la durée du délai d'épreuve, et la liste des obligations. Celles-ci sont choisies par le tribunal en fonction du dossier.
- Exercer une activité professionnelle ou suivre une formation
- Se soumettre à des soins, notamment en matière d'addiction
- Indemniser la victime, selon un échéancier
- Ne pas paraître dans certains lieux, ne pas entrer en contact avec certaines personnes
- Répondre aux convocations du juge de l'application des peines et du service pénitentiaire d'insertion et de probation
Le suivi
Le juge de l'application des peines contrôle l'exécution, assisté d'un conseiller d'insertion et de probation. Les convocations ne sont pas des formalités : une absence répétée est le premier motif de signalement, bien avant la commission d'une nouvelle infraction.
Ce qui conduit le plus souvent à la révocation, ce n'est pas un nouveau délit : c'est de ne plus répondre aux convocations.
La révocation
Elle n'a rien d'automatique. Lorsque les obligations ne sont pas respectées, ou lorsqu'une nouvelle infraction est commise pendant le délai d'épreuve, le juge peut révoquer le sursis en tout ou partie : la peine redevient alors exécutoire, à hauteur de ce qui est révoqué. C'est une audience, et elle se prépare comme toute audience, en montrant ce qui a été fait, et en expliquant ce qui ne l'a pas été.
Le faire aménager plutôt que le subir
Lorsque la situation a changé, un emploi trouvé, un déménagement, des soins engagés, les obligations peuvent être modifiées, et le suivi allégé. Mieux vaut demander la modification que de se mettre en infraction avec une obligation devenue intenable.
Les questions qu'on me pose
Le sursis probatoire figure-t-il au casier judiciaire ?
Oui, la condamnation est inscrite. Une dispense d'inscription au bulletin n° 2 peut être demandée à l'audience, et un effacement peut être sollicité ensuite.
Que se passe-t-il si je ne respecte pas une obligation ?
Le juge de l'application des peines est saisi et peut convoquer, avertir, modifier les obligations, ou révoquer le sursis en tout ou partie. Rien n'est automatique : chaque étape se discute.
Puis-je déménager ou changer de travail ?
Oui, à condition de le signaler : c'est généralement une obligation du jugement. Un changement non signalé est traité comme un manquement.
Combien de temps dure le délai d'épreuve ?
Il est fixé par le jugement, dans les limites prévues par la loi, et il court à compter du moment où la condamnation est définitive. Passé ce délai sans incident, la peine ne peut plus être mise à exécution.
Cet article répond à une question posée 3 600 recherches par mois en France (« sursis probatoire »). Il expose le droit commun et ne remplace pas l'examen de votre dossier.
Tous les articles
